C'est la fin..!

Bonjour à tous,

Mon boss a annoncé vouloir fermer notre entreprise ; BTP, 17 ans d’ancienneté, 40 salariés.
Ça avait été annoncé avant le Covid, mais répété récemment, direction le redressement judicaire :cold_sweat:

Le confinement n’a pas aidé à redresser la barre : zéro chiffre d’affaire pendant 2 mois + nombreuses ardoises fournisseurs + Urssaf non payé; tout ça ne va pas aider pour la reprise.

Suite à une réunion ce lundi, il veut envoyer mes collaborateurs sur chantier lundi 11 mai pour avoir les fonds nécessaires pour payer nos salaires d’avril. (Oui les caisses sont vides et on a un mois de retard pour les salaires). :roll_eyes:

J’ai demandé quelles sont les mesures de protection mises en place suite au Covid :
Réponse claire : On va pas s’emmer… avec ça ! :scream:
Une fois de plus, je suis en opposition avec mon N+1, je ne peux pas accepter une réponse pareille !
Même si je suis censé être le relais de la direction, je ne peux pas transmettre un tel message à mes collaborateurs. Cela va à l’encontre de mes valeurs.

Que puis-je dire aux équipes ?
Venez bosser mais sans être payé, sans sécurité sanitaire, etc. ou je me dresse en rempart de l’équipe CONTRE le boss ?
Quel comportement adopter envers mon patron ?

Autant de questions qui me travaillent depuis lundi.
J’espère que vos avis m’aideront à passer ce cap difficile.

Merci d’avance,
Lionel

Bonjour Lionel,

Le sujet est extrêmement complexe. Je ne donne donc ici aucun conseil mais je parle uniquement de ce que je pense et de mon expérience.

J’ai travaillé pour une société qui n’a pas payée ces salariés pendant plusieurs mois et j’étais manageur d’une petite équipe.
Je suis personnellement resté très droit dans mes botes ! En plus de dire une stricte vérité à mes collaborateurs (sans fioriture, sans chercher à arranger ou embellir) je me permettais aussi de revenir chez mes responsables pour leurs dire que je n’accepterais pas de dire ceci ou cela. Dans ce cas mes responsables faisait eux-mêmes cette annonce. (sa passe souvent mieux quand c’est le N+1).

S’il ne souhaite pas prendre la responsabilité je fais le perroquet : "La direction m’a dit de vous transmettre ces directives, … " La plupart du temps les gens dirons qu’ils ne sont pas content et il est inutile de chercher à les convaincre. Au contraire, je ne suis pas en accord avec la directive et je le dit. A chacun de voir se qu’il veux faire.

Le cas est évidement extrême !

Si je ne suis pas moi-même en danger je ne prends pas la responsabilité d’aller contre mon manager car je ne sais pas, dans une telle situation, quel sont les priorités de mes collaborateurs (c’est peut être le salaire pour certain?? ) Si je suis moi-même en danger, je refuse de travail et je préviens mon équipe de mon choix (à eux de voir ce qu’ils veulent faire ensuite)

Voilà. En espérant que cela peut aider.

Bonjour Lionel,

Désolé que tu te retrouves dans cette situation difficile.

Mais voici ma réponse :

Tu ne peux pas accepter cette réponse de ton boss si elle va à l’encontre des obligations légales.
C’est aussi « simple » que cela.

On peut tenter une approche constructive néanmoins :

Je te conseille de reprendre contact avec lui, en étant force de proposition cette fois.
Pas simplement « j’ai demandé pour … »
Idéalement, il faut que tu lui proposes ta solution.
Celle qui permet de reprendre le travail et de protéger tes gars.
« Boss, j’ai travaillé sur le sujet et je crois que j’ai trouvé la solution pour qu’on puisse reprendre sans risquer de se faire aligner par l’inspection du travail ou que nos gars ne mettent en retrait. »

Tiens moi au courant.
Cédric.

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Bonjour,

Tu peux faire un sondage auprès de ton équipe et recenser les salariés prêts à travailler lundi.
Sans donner ton opinion.

Concernant les protections et mesures sanitaires, vous avez peut-être déjà du matériel (point d’eau, savon, masque pour certaines opérations). Tu peux rédiger un guide ou une note de service.
Dans ton cas, je l’a ferai signer par ton patron, c’est de la responsabilité de l’employeur.

Les caisses sont vides, faîtes attention à la disparition de matériels, surtout celui qui a de la valeur.
(camion, pelleteuse, autres grosses machines).
C’est la vente de ce matériel qui pourra payer vos derniers salaires.

Bon courage.

On peut aborder le sujet sous l’angle juridique.
Que dit la loi sur le plan de la sécurité du salarié ?
Qui devra s’expliquer en cas de décès ?
La question n’est pas de savoir si ton équipe est d’accord ou pas.
S’il y’a décès et que la famille porte plainte, que vaudra l’excuse du « il était d’accord ».
Si d’un point de vue juridique le manager est responsable alors c’est à lui de piloter la mise en œuvre du respect des standards de sécurité.

Oui l’entreprise sera responsable mais je pense que le manager a aussi des responsabilités.

EDIT : j’ai écrit mon message ci-dessous en supposant (peut-être à tort ?) que la liquidation judiciaire était inévitable. Mais je te relis et tu parles de redressement alors…

Juste un message pour te souhaiter courage @Xplionel, pour cette fin d’aventure qui signe aussi le début d’une nouvelle…

concernant ta question selon moi l’aspect légal prévaut, comme dit plus haut en cas de problème qui prendra ? celui qui n’a pas respecté la loi. Donc toi aussi par délégation de responsabilité.

Si j’étais ouvrière dans cette boîte, je suppose que ma colère serait telle que je ne manquerais pas de faire connaître ce manquement à la loi. (d’ailleurs qu’il est c** ton boss, ça peut franchement le desservir dans la procédure de liquidation… le remboursement des dettes par l’état n’est pas un dû !)

Et sinon, je ne connais pas ta situation à toi, mais quitte à perdre mon boulot comme tous les autres j’écouterais mon cœur et je mettrais aux orties ma loyauté envers un patron qui ne la mérite pas.

De toute façon, dans le cadre d’une liquidation les salaires sont des créances prioritaires et il me semble que le fond de solidarité des salaires est fait pour ça. Vous devriez tous être payés à terme, même s’il faudra attendre la fin de la liquidation, donc plusieurs années. Surtout si prudhommes en plus.

Dans de telles conditions, je vérifierais tout ça et si ce que j’écris là est bien confirmé (des spécialistes par ici ?), j’expliquerais tout ça aux gars et la conclusion à en tirer pourrait bien être que le mieux est de ne pas venir bosser.

:crossed_fingers:

Bonjour et merci à tous de prendre le temps de me répondre, j’adore ce forum.

Nouvelle réunion ce matin où j’ai proposé l’éventail de solution (et obligations) pour reprendre les chantiers en toute sécurité.
Vite balayé d’un revers du coude. Comme il souhaite arrêter, il n’est plus dans la recherche de solution ou consensus.
Plus du tout motivé pour se battre, il attend de voir les employés motivés pour éventuellement remettre un coup de collier. (Le monde a l’envers)

Devant le risque sanitaire, la démotivation des employés, et l’aspect financier désastreux, je lui ai proposé de laisser le personnel au chômage partiel jusqu’au dépôt définitif de son dossier au tribunal de commerce.

Devant la montagne de problèmes cumulés il a été réceptif à la proposition.
Ils resteront chez eux.
Reste à voir si le chômage arrive rapidement en attendant la prise en charge par les AGS.

Me concernant je suis attendu lundi pour attaquer le plus pénible pour moi, appeler les clients et architectes pour leur expliquer …

Je sens que ça va être compliqué
Bon week-end à tous
Lionel

Bonsoir,

Une chose m’étonne, si ta boîte est déjà en redressement, un administrateur judiciaire devrait nommé et c’est lui qui devrait prendre les décisions.

La situation administrative de ta boîte n’est pas claire.

Bon courage.

Bonjour,

Dans mes précédentes fonctions, j’exerçais mes missions au sein d’une DIRECCTE et lorsque je visitais une entreprise en difficulté, je l’informais sur la procédure collective et je l’orientais vers le commissaire au redressement productif (CRP) dont les missions sont les suivantes:

Les CRP sont au cœur du dispositif d’anticipation et d’accompagnement des entreprises en difficulté de moins de 400 salariés avec un périmètre d’intervention des CRP prioritairement focalisé sur les entreprises industrielles de plus de 50 salariés. Positionnés auprès des préfets de région, les CRP sont à la fois, les points d’entrée pour les entreprises en difficulté, au niveau local, et les garants de la cohérence des actions des autorités publiques les concernant. La force de leur intervention réside ainsi sur leur réactivité, leur proximité territoriale et leur pouvoir d’évocation d’un dossier au niveau national, lorsque sa criticité le commande. En contact régulier avec la Direction générale des entreprises ainsi que le Délégué interministériel aux restructurations des entreprises ,les CRP peuvent rapidement mobiliser au niveau national les acteurs ou les leviers et dispositifs de soutien adaptés aux difficultés de l’entreprise dans des délais souvent très contraints.
Vous trouverez l’ensemble des informations sur le lien suivant:https://www.entreprises.gouv.fr/politique-et-enjeux/commissaires-aux-restructurations-et-a-la-prevention-des-difficultes-des

L’avis que je peux émettre est le suivant, il est important d’accompagner ce chef d’entreprise dans le cadre de la procédure collective dont les principes juridiques dont les suivants:
La procédure collective est une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire organisant le règlement du paiement des créances d’une entreprise en cessation de paiement.
Une entreprise en difficulté peut être concernée par :

  • une procédure de sauvegarde, à l’initiative du chef d’entreprise, si l’entreprise n’est pas en état de cessation des paiements ;
  • un redressement judiciaire ou une liquidation judiciaire, si l’entreprise est en état de cessation des paiements.
    Une procédure collective interrompt le cours des poursuites, et fait l’objet de mesures de publicité.

Je t’invite aussi à prendre du recul sur la situation, il appartient à mon sens au chef d’entreprise de prendre l’ensemble de ses responsabilités et soutenir ses collaborateurs durant les difficultés que connaît l’entreprise.

Bonne semaine à toi

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