Comment gérer une collaboratrice régulièrement en pleurs?

Bonjour

Cela fait maintenant un mois qu’une collaboratrice (cadre et performante au demeurant) est en larmes dans mon bureau plusieurs fois par semaine.
Les raisons invoquées sont : charge de travail trop importante, n’arrive pas à rester performante sous stress (selon elle), mésentente avec un collègue.

J’ai réduit sa charge, je pratique le feedback + et suis en train de trouver une solution de remplacement pour le collègue en question.

Elle fait preuve d’une posture fermée face à ces solutions, comme si ce que je disais n’avait aucun impact :

  • charge de travail en moins = pas d’impact sur le sentiment qu’elle a d’avoir trop de travail
  • feedback + = c’est comme si je ne disais rien
  • mésentente collègue = le sujet revient en boucle et je n’en peux plus

Je ne sais pas si personnellement elle vit une période compliquée ou pas, je n’ai pas demandé et elle ne m’en a pas parlé.

Cette situation commence à devenir insupportable, pour elle et pour moi aussi.

Je le redis cette collaboratrice est performante et je n’ai jamais eu rien à redire.
Aujourd’hui je commence à changer mon regard sur elle et commence à voir ses points négatifs et à perdre confiance en elle.
Je commence franchement à perdre patience car j’ai le sentiment d’avoir une enfant gâtée en face de moi. J’ai envie de faire un feedback négatif mais me demande si cela ne va pas empirer la situation ?

Comment l’aider ? Et comment retrouver la voie de la performance?

Meri d’avance pour vos conseils toujours utiles !

Il faut lui faire immédiatement dans un premier temps un feedback négatif sur le comportement en lui mentionnant les éléments factuels:
Tu la laisses parler d’abord de tous ses malaises et tu lui demandes si une raison non professionnelle est impliquée si elle n’en mentionnes pas et surtout si elle souhaites en parler.
Si oui, il faut impliquer la RH et la medecine du travail si besoin car la cause peut être grave (dépression etc…).
Si non, tu enchaines sur le fond:
Ex: tu as exprimé… j’ai répondu par…j’espère avoir répondu à tes angoisses mais si elles persistent , il faut néanmoins que tu changes de comportement car cela nous affecte tous etc…
mais le ton que tu emploies (très important) doit rester neutre et bienveillant (pas d’agacement dans le langage verbal et non verbal).
Sinon tu vas lui en parler au pire moment (lors de « ton rush » émotionnel parce que tu ne supportes plus). Tu répéteras ce feedback si besoin.
Dans un deuxième temps, si elle continue tu lui feras un feedback systémique (feedback sur sa non réaction aux feedbacks répétés) sur le fait qu’elle ne change pas d’attitude et que c’est contre productif car cela affecte votre relation.
Essaye d’accélerer le départ du collègue concerné.

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Est-ce que tu lui as demandé ce qu’elle proposait/demandait pour améliorer son problème?

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Bonsoir,

Je suis intrigué ; tu ne nous as pas expliqué pourquoi tu acceptes t’écarter le collègue.
En tant que manager du dit collègue, tu n’avais rien remarqué et tu n’avais rien à lui reprocher.

Quand à elle, tu lui proposes des solutions concernant tous ses problèmes et ca ne convient pas. Pour la charge de travail, c’est difficile à évaluer. Peut-être à une charge de 150%, tu lui en as enlevé 10, il lui reste 140 c’est toujours trop.
Une petite astuce, tu lui retires tous ses dossiers sauf 1 et tu lui demandes de venir te voir quand elle a terminé. Tu vas vite te faire une opinion sur sa performance et sur sa charge. Elle a peut-être être un problème d’organisation.

Cordialement,
Alain

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Je ne sais pas trop quoi en penser. Soit elle n’a pas entendu/compris tes réponses, soit tes réponses n’étaient pas assez claires ou adaptées. Elle se retrouve peut-être en situation de burnout… Et le coup du collègue que tu proposes de remplacer, ça laisse penser que tu valides/confirmes la situation. Sans en dire plus, difficile de juger. Maintenant, si une personne se met à pleurer tout d’un coup, c’est surement qu’il y a quelque chose. Peut-être un ras le bol…

Bonjour Clara,

  • Tu parles de plus d’un mois, y a t-il eu un évènement (faits objectifs) dans sa vie professionnelle à la même date ou en amont (arrivée d’un collègue, modification de sa mission, évolution de la charge de travail) ?
  • Pratiques-tu le 1 à 1 avec elle? Si c’est le cas, c’est l’occasion de lui demander comment ça va et d’ouvrir le sujet. Si ce n’est pas le cas, est-ce possible de lui proposer un entretien ?
  • Les signaux factuels que tu décrits ressemblent à ceux du burn-out qui peut avoir des origines multiples (ce n’est pas forcément professionnel).
  • Pourquoi ne pas faire de feed-back de recadrage en exposant les faits qui posent problème, les conséquences et en proposant de collaborer toutes les deux pour ajuster ? Il serait possible de dédramatiser en lui exprimant que tu es habitué à sa performance, qu’il peut y avoir des périodes difficiles et des solutions transitoires, qu’il est important pour toi qu’elle aille bien au travail.
  • Tu parles de perdre patience ce qui paraît normal dans ce contexte. Le dialogue doit vite s’enclencher pour éviter les interprétations, suppositions et au final une mauvaise gestion émotionnelle, une communication blessante ou des décisions non appropriées.

Bon courage

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Bonjour Alain
Merci de votre réponse.
En effet je n’ai pas parlé du collègue (il s’agit d’un collègue sous performant que l’on gère avec les RH).
Pour le test de charge c’est très intéressant comme approche.
Cdt

Bonjour Adelie
Merci pour votre réponse.
Je pratique en effet le 1:1.
On en a eu un lundi après-midi justement et vous avons abordé le sujet.
Une nouvelle fois : des pleurs.
Nous avons cependant identifié des actions ( de mon côté et du sien) pour débloquer la situation.
A suivre ! Mais je reste convaincue qu’il y a un terrain fragile qui m’inquiète pour l’avenir.