Communication, pas que des bonnes nouvelles

Bonjour,

On y est, mon entreprise doit réduire la voilure de 15%. Ce qui constitue la plus grosse crise interne depuis sa création en gros.
On devrait avoir les décisions dans 15 jours, ce qui parait à la fois interminable, et tellement proche.
Alors les questions que je me pose

  • comment rester motivé
  • comment faire en sorte que tout le monde soit un minimum motivé pour faire avancer au maximum les projets
  • comment communiquer

A l’écoute de vos conseils

Bonjour

Que signifie réduire la voilure ?
Chômage partiel
Licenciement
Mise en pause de 15% des projets
Faites vous appelle à des indépendants ou prestataires en plus de vos salariés et vous arrêtez avec eux

On a déjà réduit toutes prestations externes, donc c’est 15% de licenciements. Pas de chômage partiel, où alors juste pour ceux qui resteront

Bonjour @chris12,

Désolé de te savoir dans cette situation difficile.
Pour t’aider correctement, je dois en savoir plus.

Quelle est ta position dans l’entreprise ?
Es-tu le dirigeant ?
Vas tu devoir licencier des personnes parmi tes collaborateurs ?
Des annonces ont-elles déjà été faites ?
Auprès que qui ?
Etc.

Merci.

Bonjour Cédric.
Entreprise dans le secteur aéronautique principalement civil, donc carnet de commande en chute libre, et contrats de maintenance qui ne rapportent plus rien.

Une annonce a été faite à l’ensemble des salariés, un nombre de personnes a été décidé, mais les noms ne seront connus que dans 1 mois.
Je ne suis pas dirigeant et n’aurai pas à faire de choix parmi des personnes. Mais ca m’intéresserait de savoir comment aborder les choses dans ce cas là.
Je suis plutôt chef de projet, et j’ai justement un projet qui vient de commencer qui devrait durer 1 mois et qui nécessite de mobiliser au maximum les ressources pour un des clients les plus exigeant dans le domaine.
Chris

Bonsoir,

Tu dois faire appel aux motivations intrinsèques des personnes càd goût du travail bien fait, sens des responsabilités, fierté de finir le travail , etc… A adapter en fonction de chaque interlocuteur.
Imagine que toi même tu fasses parti du plan de licenciement, qu’est-ce qui ferait que tu resterais motivé ?

Cela ne sera pas facile.
Bon courage,
Alain

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Merci Alain, très bonne idée, je vais jouer là dessus, mais je sais qu’en cas de résistance je n’aurai pas bcp de cartes à jouer.
Moi même j’estime que j’ai à peu près 30% de chances de faire partie du plan, mais je vais me concentrer sur l’objectif et rester concentré sur le résultat. Ce qui est bien avec le télétravail c’est qu’on a un peu de liberté pour organiser son temps, quand l’atmosphère est trop lourde, on peut faire une petite pause.
Chris

Bonjour Chris, désolé pour toi. 1 chance su 3, ce n’est pas négligeable! c’est émotionnellement difficile mais consacre du temps aussi pour envisager la suite de ta carrière car ces 15% pourraient n’être qu’un début sans vouloir jouer les oiseaux de mauvaise augure, il vaut mieux accepter la réalité et envisager de rebondir ailleurs dés maintenant sauf si c’est vraiment difficile : que valent mes compétences sur le marché? puis je me reconvertir etc? Malheureusement j’ai l’impression que ce n’est que le début d’une longue série…

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Bonsoir Chris,

Désolé d’apprendre ça. Ça doit être difficile à vivre. Il y a une grosse quinzaine d’année j’étais manager d’une équipe lorsque notre entreprise a connu plusieurs plans de licenciement avant de faire faillite et je sais à quel point tu peux te retrouver pris entre deux feux. Ça craint.

N’étant pas à ta place et ne possédant que peu d’informations sur ta situation je ne saurais te dire ce que tu dois faire, concrètement, aujourd’hui.

En revanche je peux te partager quelques idées sur la ligne de conduite que j’aurai sans doute choisie si j’avais à nouveau à faire face à ce type d’environnement :

  1. Reconnaitre que c’est une situation stressante et difficile. Accepter de le dire et accepter de l’entendre de tes collaborateurs. Je trouve personnellement que nier l’évidence (« c’est pas grave, ça va s’arranger, il ne faut pas dire ça … ») est plus irritant que réconfortant. C’est vrai quand on a perdu un ami, c’est vrai quand on a perdu son boulot, c’est vrai quand on s’est fait plaquer, c’est vrai quand on est inquiet pour sa boite… Oui, ça craint, oui on a le droit d’être triste, inquiet, en colère, déçu … Je crois qu’il faut l’admettre pour pouvoir faire avec.

  2. Remettre les choses en perspectives. Sur le moment, quand la boite où j’étais a coulé, ça me paraissait la fin du monde. Après coup c’était juste un épisode et, une fois que c’était fait, j’ai assez vite pu rebondir parce que j’avais toujours mes compétences, mon expérience, de bonnes relations avec mes anciens collègues …
    Du coup si c’était à refaire j’aiderai mon équipe à regarder ça de front : imaginer tout de suite le pire et voir ce qu’on pourra encore faire si ça arrive. Par exemple, au début de la crise actuelle je me suis demandé si ma boite actuelle allait tenir puis j’ai examiné l’hypothèse que non et je me suis rendu compte que je pouvais différer mes remboursements de crédit, couper dans mes dépenses, prendre un boulot moins sympa et peut-être un peu plus loin… etc. Donc, finalement, au pire, c’est pas si grave. Ca aide à sortir du mode panique. Et en arrêtant de regarder le fossé on a moins de chance d’y tomber :wink:

  3. Faire la part des choses entre ce que tu peux contrôler, ou sur lequel tu peux agir, et ce qui t’échappe complètement. C’est très anxiogène et inutile de se concentrer sur les fatalités. Dans la même veine que ce qui précède, je trouve plus sain de dire aux gens « Ok, on a une crise. Le marché s’effondre, nos actionnaires ont décidé de couper les budgets, la moitié de l’équipe va partir. Ca craint mais on n’y peut rien. Donc maintenant on va faire de notre mieux pour sortir la tête haute ». En gros ne pas nager contre le courant mais dans le courant, de biais, pour rejoindre la rive.

  4. (Re-)passer à l’action. Me concentrer, et concentrer mon équipe, sur ce qu’on peut faire. Je préfère agir que subir. Donc j’aurai tendance à ouvrir le champ des possibles et à travailler avec l’équipe pour identifier ce qu’on peut faire. Et pour ça repartir du sens, du pourquoi de l’entreprise, du problème des clients. C’est en faisant qu’on trouve des options.

L’essentiel c’est de rester à l’écoute des gens, respectueux, bienveillant (pas complaisant) et pragmatique. Au pire tu auras fait ton job, du mieux que tu pouvais. Et dans les circonstances c’est déjà beaucoup et c’est une expérience dont tu pourras tirer de nombreuses leçons.

C’est très vague, j’en suis conscient, mais j’espère que ces quelques principes te seront utiles.

Bon courage et n’oublie pas : c’est normal de trouver que ça craint. Par contre ce n’est pas une autorisation pour rester assis à gémir :wink:

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Merci à vous pour ces messages très inspirants.
Ce n’est pas une situation idéale, anxiogène certes, par rapport à l’avenir, je ne minimise pas le risque, j’essaie de le quantifier, et comme un de mes plus gros projet a été repoussé, il n’est pas négligeable. Mais il y a surement des situations bien pires.
Il y a quelques années, j’étais chez Boeing, Boeing emploie pas mal de vétérans. On avait une situation un peu compliquée et mon interlocuteur va chercher un de ses collègues vétérans de la guerre du Vietnam et commence à lui dire qu’il faudrait qu’il vienne, que la situation est critique. Le gars le regarde, et lui dit : je ne sais pas ce qui se passe, mais je peux t’assurer que ce n’est certainement pas une situation critique !
Je n’ai pas ce niveau de recul, mais cet échange m’a marqué et j’essaie de m’en inspirer.
En tout cas merci pour vos messages, comme dit barbu, je reste concentré sur ce que je peux contrôler, et le projet en cours ne me laisse quasi pas de répit, ça tombe bien.
Et je trouve tout le monde est encore assez motivé dans l’équipe, donc assez top.

@BarbuBavard

Wow. Excellente réponse. Rien à ajouter !

Merci pour la qualité de vos interventions.
C’est top.

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