La "sur-communication"

Quand je suis arrivé en Amérique Latine, j’ai été surpris par le mode de communication dans le milieu professionnel. La communication est chaleureuse et parfois assez personnelle… la culture régionale y est définitivement pour quelque chose (festive et familiale).

Mais depuis un bon moment, je me rends compte qu’il ne s’agit pas seulement d’une prérogative latine car mes collègues d’Europe y d’Amérique du nord s’y mette également…

Je recois maintenant des mails du service communication pour la félicitation de la naissance du fils d’un collègue d’un lointain service dont j’ignorais même le nom. Avant de débuter une réunion, un collègue nous parlent sans complexe qu’il pensait à postuler dans une autre entreprise. Et je passerai les commentaires entendus d’un collaborateur racontant ses déboires sexuels dans les couloirs.

Alors pourquoi, de plus en plus de gens tendent à surcommuniquer sur leurs informations personnelles ? J’ai lu ici et là que ce serait le reflet de notre société où grâce à FaceBk, Twter, Insta***m et consort, nos vies privées son devenues publiques et il faudrait les partager à tout prix.

Certains s’étonnent parfois de ce manque de « discrétions » et considèrent que les informations personnelles que l’on partage au travail doivent se limiter au cadre des hobbits (j’ai fait du golf ce weekend) ou familiale-publique (mon grand est rentré en 4ème). D’autres, souffrant inconsciemment de l’isolement du aux nouvelles technologies (toute la famille est coincée sur son écran à la maison) cherche au travail une manière de pouvoir s’exprimer et partager.

Pour autant, on l’a déjà écouté à de nombreuse reprise dans les podcasts, la communication est un outil important et connaitre plus intimement nos collaborateurs et collègues peut être fort utile pour lier de vrais liens solides basés sur la confiance.

Alors, peut être faut-il juste se poser quelques questions (et inviter nos collaborateurs à en faire de même) avant d’ouvrir la bouche… :blush:

  • Qui m’écoute ? mon chef, un client, un collègue, un ami ?
  • Pourquoi partager cette information ?
  • Est-ce un commentaire basé sur l’émotionnel ?
  • Est-ce que ce que je partage peut nuire ou bénéficier à mes relations ?

Je me souviens aussi du test des « 3 passoires » :

« – Sais-tu ce que je viens d’apprendre sur ton ami ?
– Un instant. Avant que tu ne m’en dises plus, j’aimerais te faire passer le test des trois passoires.
– Les trois passoires ?!
– Mais oui, reprit Socrate. C’est ma façon à moi d’analyser ce que j’ai à dire et ce qu’on me dit. Tu vas comprendre… La première passoire est celle de la vérité. As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ?
– Non. J’en ai simplement entendu parler…
– Très bien. Tu ne sais donc pas si c’est la vérité.
– (…)
– Alors passons à la deuxième passoire : ce que tu veux m’apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de bon ?
– Ah non ! Au contraire.
– Donc, continua Socrate, tu veux me raconter de mauvaises choses sur lui et tu n’es pas certain qu’elles soient vraies.
– Euh…
– Pour finir, et c’est ma troisième passoire, est-il utile que tu m’apprennes ce que mon ami aurait fait ?
– Utile, non, pas vraiment.
– Alors, conclut Socrate, si ce que tu as à me raconter n’est ni vrai, ni bien, ni utile, à quoi bon m’en parler ? »

Bref… une petite réflexion sur le fait de trop partager…

Peut être avez-vous aussi quelques anecdotes sympas sur une « sur-communication » qui en devient comique, gênante ou agaçante?

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Intéressant !

Je dis souvent qu’un manager ne doit pas avoir peur de sur-communiquer, car la sous-communication est bien plus répandue que la sur-communication.

Dîtes vous que vos collaborateurs sont souvent en manque de communication de votre part.

Mais à la lecture de ceci, je dois préciser : « un manager ne doit pas avoir peut de sur-communiquer sur les performances ».

Effectivement, ma réflexion ne s’adresse bien évidemment pas à la communication professionnelle.
Tout élément lié à l’entreprise doit être communiquer… dans ce sens, il conviendra ensuite à chacun de faire le tri pour juger si le contenu de l’information lui est utile ou non.

Je faisais plus allusion aux éléments de la vie privée de chacun.