Plan social / PSE - Impact dans mon équipe!

Bonjour,

J’ai besoin de votre aide ! Manager c’est facile tous les jours mais parfois, certains jours, c’est un chemin de croix.

Ma boîte vient d annoncer un plan de sauvegarde (PSE) c’est à dire un plan dans mon service !
Motif : préserver la compétitivité (alors que notre service est rentable !)

70 licenciements potentiels sur 200 personnes dans une boîte de 1500 personnes.
Mon équipe compte 12 collaborateurs : du junior qui a moins de 30 ans (et 3 ans max d’ancienneté) à des personnes qui ont 58 ans avec 30 ans d’ancienneté !
Nous avons eu une annonce en primeur (2 heures avant les collaborateurs).

Les questions fusent et pour dire vrai, nous n’avons aucune réponse. Sachant que nous aussi manager pourrions être dans ce lot de départ.

Quels conseils peux tu nous donner nous managers ? Étant donné que l’’on est au tout début de la consultation, nous avons 2 moins du tunnel et après les départs. Comment accompagner tout ca ? J’ai eu les colères, certains collaborateurs en larmes… je n’ai aucune explication…

Les RI / Réunions d’équipe ne tournent qu’autour de cela et que la direction nous demande de continuer notre activité.

Merci

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Bonjour @Mariie,

Dur dur, je suis désolé que tu aies à faire face à tout cela.
Je pense que d’autres managers sur le forum ont eu à faire face à ce cas de figure.
J’ai bien sûr des idées sur le sujet, mais j’aimerais entendre d’autres voix !
L’expérience des autres peut être une grande ressource.

Quelles sont tes relations avec ton ou ta N+1 ?
As tu moyen d’en savoir plus ?

Au niveau personnel, le plus important est de garder du recul par rapport à la situation.
C’est ce que tu es en train de faire en demandant de l’aide.
L’autre choses intéressante, c’est d’écrire de manière factuelle ce que tu ressens : tes angoisses, colères, etc. pour les extérioriser sans risque (sur le papier) et ne pas les communiquer à ton équipe. C’est indispensable avant tout passage à l’action.

Cédric.

Bonjour @Mariie

Vraiment désolé que tu ai a vivre cela. Ce n’est pas la meilleur facette du métier.

J’ai été dans ton cas l’année dernière. Le groupe auquel nous appartenions a décidé de fermer l’entreprise. Du directeur général à la secrétaire, tout le monde a été licencier. Moi j’étais directeur marketing proche du directeur.

Lorsque nous l’avions appris certaine personne venait de commencer 1 mois avant alors t’imagine la colère. Les collaborateurs qui se tournait vers moi pour avoir des informations, je leur expliquait que malheureusement j’étais dans le même cas, que je n’ai pas plus d’information que eux. Ma porte est resté ouverte et, j’aidais mes collaborateurs dans leur recherche d’emploi (c’est plus « facile » quand tous le monde part).

Par ailleurs, nous devions également continuer à servir nos clients comme si de rien n’était. Pour cela, nous avons négocier des bonus afin de motiver les troupes.

Mon conseil personnel, c’est de rester à l’écoute des gens, ne pas prendre sur toi personnellement et s’appuyer sur ta famille et amis une fois quitter le travail. Le sport fût également un bon défouloir.

Je te souhaite beaucoup de courage et de force pour cette période.

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Bonjour @Mariie,

Je suis également en plein PSE dans mon entreprise.

Nous n’avons aucune info non plus du fait de la complexité de ce type de procédures pour laquelle nous sommes préparés depuis la fin du confinement car vu la baisse d’activité cela ne faisait pas grand doute.

Notre Direction n’a rien à nous transmettre car c’est un chantier relativement long et les infos sont précieuses car c’est un sujet pour le moins sensible.

Sache notamment que les personnes qui seront impactées par ce PSE ne seront pas abandonnées, il faut donc se montrer rassurant et je t’invite à te renseigner au maximum via Internet et YouTube sur toutes les spécificités de ces plans.

C’est possible également de prendre cela comme une opportunité et un boost pour changer de vie, bref, c’est le moment de travailler son optimisme.

Bon courage à toi et n’hésites pas si tu as besoin de quoi que ce soit :wink:.

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Bonjour Mariie,

A ta place, je me poserai les questions suivantes :

  • qu’est ce qui est attendu de moi dans cette situation ?
  • comment est-ce je me sens en tant que manager ?
  • qu’est ce que je peux partager avec mon équipe ?

Je ressens une perte de repères dans ton message. Où peux-tu aller trouver ces repères ? Si ce n’est pas ton organisation qui te les fournit, je pense que de te fixer tes propres repères dans cette situation peut être bénéfique.

Bon courage car ces situations peuvent créer de la division en nous. Je l’ai vécu il y a 2 ans, et aujourd’hui j’en suis ravie, car c’est ce qui m’a permis de trouver aujourd’hui un chemin qui me rend épanouie professionnellement.

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Bonjour @Mariie,

J’ai vécu cette situation il y a 14 ans lors de la fermeture d’un site complet de production, lors de ma première expérience de management, situation pas facile d’un point de vue personnel et professionnel avec l’ensemble des impacts que cela peut avoir.

Au niveau management, tu peux te renseigner sur les différentes étapes concernant le processus de deuil (pour toi et tes équipes) et essayer d’accompagner au maximum tes équipes jusqu’à la partie acceptation (Choc/ Déni / Colère / Négociation / Tristesse / Acceptation).

En fonction des cas, il ne faut pas différencier dans l’accompagnement ceux qui partent et ceux qui restent. (Dans mon cas, tout le monde était concerné, mais pas dans le cas que tu exposes).

Au niveau de l’accompagnement des équipes, tu peux t’appuyer sur tes collaborateurs tes héros, pour valoriser et faire ressortir ce que tes collaborateurs savent bien faire pour travailler l’employabilité. En sachant, que lors d’un PSE, les règles font que ce n’est pas un fonctionnement au mérite dans ceux qui restent.

Pour pouvoir passer cette étape, il est nécessaire d’évacuer via le sport ou la méditation.

Après en fonction des évènements sur ce qui va se passer pour toi, il faudra rebondir… Peux être l’occasion de se poser les bonnes questions. J’utilise souvent cette citation dans mes réflexions : « Le premier pas pour avoir ce que vous voulez, c’est d’avoir le courage de quitter ce que vous ne voulez plus ».

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Une fois que tu as évacué « sur le papier » tes angoisses et ta colère, tu vas pouvoir prendre de la distance par rapport à cet évènement.

Tu vas te poser la question du rôle que tu vas prendre dans cela.

A deux niveau :

  1. Tu restes avant tout un(e) manager, au service de ton employeur. Si tu as un bon contact avec ton N+1, tu vas pouvoir aussi l’interroger pour savoir exactement ce qu’il ou elle attend de toi dans ces circonstances. Essayer aussi de récupérer toutes les informations utiles à ton équipe. Parce qu’en suite, tu vas devoir donner un sens à tout cela, à chacune des personnes de l’équipe.

  2. Tu es aussi un individu, une personne qui va essayer d’apprendre et de grandir grâce à cette situation que tu rencontres.

Bonjour Mariie,

Je vis exactement la même chose en ce moment dans une entreprise plus grosse. Le PSE a été annoncé au début de l’été et les négociations sont en cours depuis. Comme toi, je n’ai pas d’informatIons à donner à mon équipe car la direction ne communique pas, ou très peu. L’attente est longue pour tout le monde…
Voilà ce que je fais:

  • J’écoute les craintes et je laisse les gens s’exprimer
  • J’ose dire que je n’ai pas d’info ou que je ne sais pas.
  • J’essaie de rassurer en leur donnant des infos dès que je peux et en allant à la recherche d’info auprès de mon N+1
  • Et surtout je garde nos rituels habituels et je mets l’accent sur nos missions et objectifs à venir.

La période est difficile et je trouve du soutien auprès des autres managers de l’entreprise; nous partageons régulièrement et nous nous entraidons.

J’espere que nos messages t’apporteront un peu d’aide.
Bon courage!!

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Bonjour Marie,

« la vie professionnelle n’est parfois pas, un long fleuve tranquille » . Je partage ta sidération .

Sous le choc de l’annonce, il est impossible de se projeter dans l’avenir . Il est vain d’entrer dans les détails ; mais selon moi donner un RDV pour aborder la suite ( quoi ? comment ? avec qui ? relais RH, N+1 voire N+2, appui des pairs,…) .

Pour ce qui te concerne, comment être à l’écoute tout en mettant une juste distance ? Je te livre les # étapes de changement (source BLOCULUS) : image . Peut-être les connais-tu déjà ?

Mon conseil : Mieux vaut rester authentique, donner un espace pour s’exprimer en toute bienveillance et quitter son job avec « panache » (rester professionnel jusqu’au bout!) . Bref, garder le moral, quand tout va mal.

Bien à toi

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Bonjour Mariie,

J’ai vécu cette situation il y a deux ans : 22 suppressions de postes sur 80 dans mes équipes y compris mon propre poste potentiellement impacté (Le PSE est au niveau des postes, pas des personnes)

C’est incroyablement compliqué à appréhender, parce que donner du sens dans des situations aussi anxiogènes est impossible. Rassurer est très compliqué quand on ne l’est pas soi même, et rassurer avec quoi ? Beaucoup d’informations sont gardées secrètes pendant très longtemps et, dans mon cas, les informations qui filtraient étaient colportées par les syndicats, sous un éclairage plutôt négatif.

J’ai vécu des moments terribles parce que je suis très proche de tous mes collaborateurs. L’écoute et l’empathie étaient tout ce que je pouvais leur proposer, faute de mieux et je crois que tu es dans la même situation.

Ca m’a été très difficile de recevoir leur douleur, leur détresse, leur colère en étant impuissant, sans rien pouvoir faire, sans pouvoir les rassurer, sans même pouvoir les réconforter. D’autant plus difficile que moi même je ressentais les mêmes choses.

Nous nous sommes raccrochés aux seuls éléments officiellement communiqués par la direction, à savoir le planning de l’opération, pour tenter de faire revenir à la réalité celles et ceux qui penchaient vers la paranoïa : Ne rien savoir de qui sera concerné, combien de postes seront supprimés, quelles sont les mesures d’accompagnement, … laisse la place à toutes les projections les plus sombres.

Ca a été le seul sujet de conversation pendant toute la période d’incertitude, et l’activité s’en est trouvée affectée, bien évidemment.

Avec d’autres managers qui nous connaissions bien, nous avons formé un groupe pour partager nos difficultés et nos solutions, mais nous avons aussi souvent partagé nos hypothèses sur les postes supprimés, partagé les maigres informations obtenues sous le manteau et je crois que ça nous a bien aidés.

Je te souhaite beaucoup de courage pour passer cette épreuve.
Bruno

Bonjour à tous,

Merci pour vos retours. Je viens de passer les premières étapes de colère et de déni entre autres.
Après les réunions d’équipes où le sujet est le PSE et les RI sont uniquement tournés sur des qestions auxquelles je n’ai pas de réponses, j’ai découvert une équipe qui a trouvé un objectif commun.
Ils échangent entre eux et après les représentants du personnel, ils ont fait leur propre recherches et ont différentes théorie de qui va rester qui va partir. La communication entre eux n’a jamais été aussi fluide :smiley:

Au delà de ça, la direction nous a donné les dates, depuis effectivement, cela permet d’avoir des échanges.

La prochaine vague est en Novembre.

Entre temps, je leur dis de rester professionnel jusqu’au bout, les clients d’aujourd’hui, les fournisseurs d’aujourd’hui et les collègues d’aujourd’hui pourraient être nos futurs employeurs.
Le message est passé, même si le rythme s’est réduite drastiquement (et logique en même), le travail continue.

Merci à nouveau de vos conseils.

Beaucoup de bons conseils dans cette situation si difficile !
Lors de ces périodes qui génèrent beaucoup de stress liés aux changements potentiels à venir, il peut être efficace d’organiser des séances collectives pour faire exprimer les craintes et les peurs, prioriser et travailler ensemble aux solutions potentielles. Ici la difficulté est très liée à l’inconnu mais organiser la recherche d’information comme un projet d’entreprise, avec un-e responsable, des points d’étapes et des restitutions peut permettre de réduire le stress uniquement parce que vous reprenez la main.

Maintenir les 1 à 1 est essentiel aussi.

Bonjour @Mariie Marie,

J’arrive peut être déjà un peu tard mais je voulais partager quelque chose qui n’a pas été dit je crois.
Si on regarde ce qui se passe au niveau comportemental lors des catastrophes ou des situations exceptionnelles on observe que le choc entraine des réactions comportementales de deux types :

  • les réactions instinctives d’ordre de la panique, du réflexe
  • les réactions raisonnées, contrôlées
    Des modélisations ont été faites et montrent que dans des crises, catastrophes ou situations exceptionnelles 75% des gens auront des comportements réflexes alors que seulement 12 à 25% auront des réactions adaptées à la situation.
    Les 10 à 15% restants seront de l’ordre des comportement inadaptés et confusionnels.
    Le point important là-dedans qui me fait penser à ta situation c’est qu’il existe dans ce genre de situation une contamination émotionnelle.
    Naturellement la contamination émotionnelle qui se propage sera la panique collective par imitation de la très grande majorité qui réagit de façon instinctive.
    Là où tu peux agir c’est en t’attachant à propager une émotion différente pour augmenter la contagion émotionnelle positive qui permettra à plus de personnes de réagir de façon adaptée.
    Concrètement je t’engagerais à utiliser le plus possible le feed-back positif pour encourager toutes les initiatives qui te semblent adaptées à la situation.
    Pour pouvoir faire bouger les émotions d’un groupe tu dois te situer dans l’échelle émotionnelle, juste un peu en-dessus sinon tu ne pourras être entendue.

J’espère être claire sinon n’hésites pas !