Primes utilité?

Bonjour à tous, je viens de voir l’intervention du gouvernement et la présentation des mesures exceptionnelles prises aujourd’hui et j’en viens au sujet de l’efficacité des primes accordées au personnel soignant?
Je comprends la volonté de manifester la gratitude de la nation mais la satisfaction première il me semble pour ces personnes n’est elle pas d’avoir sauvé des vies?
N’est il pas plus efficace de donner à ces hommes et femmes des conditions de travail meilleurs par ailleurs réclamées depuis longtemps (plus de place, plus de matériel, plus de lits,plus de personnel) plutôt qu’une prime dont la satisfaction disparaîtra au fil des semaines?
Ce sujet de l’efficacité des primes avait déjà été évoqué dans les podcasts. Dans mon entreprise, le taux d’évaluation (en pourcentage) de la prime annuelle détermine la prime et c’est la signification de cette évaluation qu me touche plus que l’argent finalement encaissé même si ils sont liés par construction.
Et vous, pouvez vous partager votre ressenti sur les primes en tant que manager et collaborateur?

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C’est une question très intéressante liée à la motivation.

Chaque personne a des facteurs de motivations différents (des personnes seront plus motivées par une bonne ambiance de groupe, d’autres pour apprendre, …).

Le point principal que j’ai appris sur la motivation est la différence entre la motivation intrinsèque (qui est alimentée par nous-même comme le désir d’aider les autres, l’apprentissage de compétences, …) et la motivation extrinsèque (qui est alimentée de l’extérieure comme par exemple les primes). Comme tu l’as dit avec la motivation extrinsèque la satisfaction disparaît au fil du temps si elle n’est pas alimentée alors que notre motivation intrinsèque est pérenne (car auto-alimentée).

Pour répondre à ta question, en effet les primes ont un effet immédiat mais loin d’être intéressant à long terme. Pour le personnel soignant dont souvent une motivation intrinsèque est d’aider son prochain donner plus de moyen pour aider les personnes sera plus motivante. Attention je ne dis pas qu’une prime exceptionnelle ne sert à rien, elle montre quand même une reconnaissance.

En tant que manager, tu peux détecter quelles sont les motivations intrinsèques de chacun de tes collaborateurs et les motiver individuellement sur ce qui les motive le plus (par exemple offrir une formation à une personne voulant apprendre, en déléguant une responsabilité de support utilisateur à quelqu’un qui aime aider les gens, …)

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Bonjour. C’est effectivement un sujet intéressant.
Les facteurs de motivation peuvent être différents selon les personnes. Le personnel soignant réclame depuis plusieurs années une amélioration des conditions de travail. Les salaires des aides soignants et des infirmiers sont loin d’être satisfaisants. Du coup, une prime est la bienvenue et répond à des besoins de base pour certains, et ne pourra pas à mon avis être considérée dans les circonstances actuelles comme facteur de motivation, mais plus comme une récompense à l’effort déployé. La motivation pour les soignants passera une amélioration pérenne des conditions de travail avec notamment une valorisation des salaires.
ABCF

Vous connaissez peut être mon avis sur les primes et reconnaissance pécuniaires.
Elles ne peuvent pas être les facteurs majeurs de motivation.
La seule chose réellement motivante c’est le travail que l’on fait et qui nous accomplit.
Tout cela évidemment quand les conditions minimales de salaire, et de conditions de travail sont atteintes.

Ici, il me semble que la prime est plus une forme de reconnaissance qu’autre chose et elle ne change rien aux fondamentaux du métier.

Pour creuser :
https://www.outilsdumanager.com/engagement-2-comment-developper-des-collaborateurs-fideles-plutot-que-retenus/

Je te rejoins à 100% sur le sujet @fetben.

Pour moi la différence « prime » VS « avantage » (plus de personnel, meilleures conditions de travail, …) est équivalante à la différence « cadeau » VS « expérience ».

Un cadeau c’est sympa quand on le reçois puis on le pose quelque part on l’oublie.

Une expérience ça marque, ça reste en nous, ça nous booste, nous fait vivre des émotions.

Une prime est tout aussi éphémère qu’un cadeau.
Des avantages sont tout aussi puissants qu’une expérience.

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Je suis d’accord avec vous qu’une prime est quelque chose de toujours sensible (et cela amène souvent de la frustration car ce n’est jamais assez).

Pour revenir sur mon expérience personnelle, la première année dans mon entreprise, j’avais eu droit à une prime pour récompenser les bons résultats, puis encore la seconde. J’étais bien sûr content de les avoir, mais je ne pense pas avoir jamais travaillé plus dur en ayant pour objectif d’obtenir une prime.
Par contre, la troisième année je n’y avais pas eu droit alors que les résultats et mon investissement ont été sensiblement les mêmes. Résultat, je me suis senti frustré.
Je me suis reconnu dans l’analogie faite par Cédric dans le podcast (il mets souvent en mot les ressentis que je peux avoir), il me manquant ma dose (comme une drogue). Cela a forcément eu un impact sur ma motivation pendant quelque temps alors que

Mon avis sur la question est que s’il doit y avoir une prime, cette dernière doit être objectivée à l’avance et sur une période pas trop longue (je dirais 3 mois).

Sorti de ce cadre, je trouve que donner une prime donne plus l’impression que l’on paye pour se faire pardonner de pas avoir été bon (gestion d’un événement ou défaut de reconnaissance)

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Dans tous les cas, une prime fait toujours du bien au porte monnaie. Mais je les trouve souvent inefficaces, voire insultantes. Je ne reviens pas sur inefficaces car les messages ci-dessus en parlent déjà très bien.

Insultantes car, d’abord ce sont des primes et non des augmentations. C’est déjà une arnaque. Mais les primes viennent souvent gratifier un travail exceptionnel.

Je pioche dans la propre expérience. Ca m’est souvent arrivé de recevoir des primes pour compenser les heures sup non payées. Dans mon métier, il est courant de multiplier les heures sup sans aucune compensation […] Quand tu reçois une prime, disons de 1000€ pour faire un chiffre rond, en fin d’année pour compenser tes heures sup, alors que celles-ci auraient du t’être payées au moins vingt fois ça, je trouve que ça fait passer un très mauvais message. C’est limite un pourboire et je trouve ça insultant. Alors je ne crache pas dans la soupe. 1000, 2000, 3000€ c’est une très belle prime. Mais ça fait passer le message que tes heures sup ne valent finalement pas grand chose. Je préfèrerais carrément avoir une invitation dans un bon resto à la place, accompagnée d’un cadeau de Noël pour les enfants, et surtout d’une explication…

Pour en revenir aux soignants, la question des heures sup non payées ne se pose même plus. Ce sont des métier hyper qualifiés et clairement sous-payés.

Pour le secteur des soins - la question d’une prime sur objectifs poserait la question des critères. Lorsque l’on voit les dégâts de l’actuel système de budget par la tarification à l’acte, une refonte très globale s’avère nécessaire pour valoriser le travail. En réalité le système tient (y compris en dehors de la crise actuelle) parce que les soignants font ce travail par vocation et que leur conscience professionnelle leur interdit de dégrader davantage la qualité des soins malgré les conditions et le manque de moyens. Ils ont souvent des crédits d’heures incroyables.
Pour le secteur de l’entreprise que je connais mieux, le système de prime sur objectif est souvent une vaste blague. Car une part variable de la rémunération est souvent réservée aux cadres de direction. Il y a une espèce d’entente tacite pour que les objectifs soient peu exigeants et que ce soit l’école des fans chaque année. Chacun a à coeur de ne pas décourager son collaborateur (et complice), de ne pas rentrer dans une discussion de marchand de tapis. Le manager pourrait avoir des scrupules à recevoir une prime et la refuser à son collaborateur… et dispose rarement un système de management qui permet d’objectiver clairement la responsabilité directe du collaborateur dans la non-atteinte d’un objectif. Et encore, c’est souvent le collaborateur qui s’auto-administre ses objectifs et les fait valider par son chef sur le progiciel.
Le seul système que je connais qui me semble plus intelligent est un système de prime qui repose exclusivement sur des comportements professionnels. Ils sont décrits et parfaitement objectivables.

Je n’ai jamais constaté de manière actuelle une meilleure performance grâce à des primes sur objectif. C’est très bien décrit dans le livre de Daniel Pink : ce qui nous motive vraiment.